"On n'a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent" [Amélie Nothomb]

~ M@y@ au goût cerise ~ Haywire10630

News [Metallique]

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Attention aux noreilles !!

 
Au temps des guitar-heroes, quand la magnificence d’un groupe se mesurait au nombre de stacks alignés sur la scène, Deep Purple se disait fièrement "the loudest group on Earth",titre un peu trop revendiqué, et Ted Nugent donnait la recette d’une galéjade de soi-disant pigeon "désintégré en passant devant les amplis", tout en claironnant "Si c’est trop fort,vous êtes trop vieux"…
On vivait alors dans la plus pure inconscience auditive.Passons sur la tentative de Manowar de figurer en 1994 au Guinness des Records, section niveau sonore déployé… Heureusement, ce genre de catégorie n’existe plus ! Le temps passe et les temps changent. Ted Nugent a avoué que ses oreilles n’en sont pas sorties indemnes. Jim Marshall lui-même
a pourtant bien dit qu’il n’y avait pas besoin de régler ses amplis à fond pour les faire sonner !



EN THÉORIE

Il n’y a pas que les bruits désagréables qui présentent un danger pour votre audition. Emporté par la musique, on fait moins attention !
Les mesures sur des personnes longtemps exposées à des niveaux sonores élevés montrent que les sons aigus sont plus dangereux et traumatisants que les graves. C’est vers 4 0 0 0 Hz (son metal !) que les cellules sensorielles contenues dans la cochlée sont les plus sensibles et les plus fragiles.

Le son est un phénomène vibratoire, caractérisé par son intensité et sa fréquence. (1Hz = une vibration par seconde)
L’être humain jeune et en bonne santé perçoit les sons de 20 Hz à 20 0 0 0 Hz environ. Le décibel (dB) permet de quantifier
son intensité, parce que son échelle,logarithmique,correspond à la progression de la sensation en fonction de la variation
du niveau. Pratique !
On utilise généralement le dB A, qui tient simplement compte de la plus grande fragilité de l’oreille aux aigus, pour mesurer
la nocivité d’un son, et le dB C pour les niveaux de crête ou quantifier la gêne. Une augmentation de 3 dB correspond
à une multiplication par deux de la pression acoustique, donc de l’énergie sonore, ce qui correspondrait à doubler le nombre d’amplificateurs ! Ainsi, 80 dB + 80 dB= 83 dB ! Question sensibilité, un musicien peut discerner une différence de l’ordre de 1 dB.


PRINCIPE DE PRÉCAUTION !

Nous ne sommes pas égaux devant la quantité de dB, pas plus que devant le risque de coup de soleil. Impossible de prévoir quelle sera l’atteinte en fonction de la "dose" pour une personne donnée, mais il est bon de connaître certaines
références.

À bon entendeur… Le décret du 19 juillet 2006 stipule qu’à partir de 8 heures d’exposition à un niveau
sonore continu équivalent de 80 dB A,ou 135 dB C en crête, il existe un risque auditif et que des mesures de prévention
doivent être prises (formation, information, proposition de suivi médical).

À partir de 85 dB A (ou 137 dB C en crête, soit le niveau d’une caisse claire) il faut prendre des mesures techniques de réduction du bruit, d’organisation du travail. Le suivi médical est alors renforcé… L’employeur doit veiller au port des protecteurs auditifs, et a une obligation de résultat… La valeur limite d’exposition quotidienne est de 87 dB A,ou 140 dB C
en crête, protections comprises.
Ces dispositions, actuellement en vigueur dans le monde du travail classique,seront étendues au secteur de la musique
et des loisirs dès le 15 février 2008, ce qui nous laisse un délai raisonnable pour nous adapter… à condition de ne pas trop perdre de temps…



LE RISQUE

Qui n’a pas eu au sortir d’une soirée, les oreilles qui sifflent, c’est-à-dire un acouphène, sensation sonore ne provenant
pas de l’extérieur, avec une hypoacousie, impression de tout entendre moins fort (moteur,radio,etc.),et même pour certains une sensation d’oreille "bouchée par du coton" ? Ce sont des signes de souffrance de l’oreille,et sachez que si ce genre de symptôme persiste plus de 48 heures, il s’agit d’un traumatisme sonore aigu et d’une urgence thérapeutique.
Plus précoce est le traitement, meilleures sont les chances de récupération.
Tiens,j’en vois qui respirent : "Si je récupère, ce n’était que de la fatigue auditive"… Eh bien, pas vraiment…

En fait, tout compte : l’intensité, la durée et la répétition de l’exposition. L’oreille s’abîme déjà, petit à petit, par vieillissement naturel (presbyacousie), mais en cas de sur-stimulation d’autres phénomènes peuvent intervenir. Les cellules ciliées externes,spécialisées dans la réponse à une fréquence pourront voir leurs cils arrachés par la violence de leurs mouvements.

Il n’est pas possible à l’heure actuelle, de réparer. Ce serait donc comme de baisser
certains des curseurs d’un égaliseur graphique et de les souder, au pire, définitivement en bas. La vie de tous les jours pourrait en être affectée,avec une baisse de dynamique,de sélectivité fréquentielle, des confusions phonétiques.
C’est votre propre rapport signal-bruit qui serait dégradé…

Bien entendu, on dispose d’aides auditives, avec amplification potentiellement puissante, DSP, traitements du signal
en temps réel, compressions… Mais, malgré la performance du matériel, le résultat après rééducation sera tributaire
de ce qu’il restera d’audition. Il faut aussi parler de ceux qui après exposition à des niveaux excessifs, souffriront d’hyperacousie, soit la perception des sons à un niveau plus élevé que la réalité. Dans les cas graves, tout bruit peut même devenir pénible, insupportable ou douloureux… Enfin, sur Internet, nombreux sont ceux qui écrivent sur le risque de
se crever les tympans ; de fait ce n’est qu’une image,l’atteinte de l’oreille interne, définitive, est beaucoup plus grave.


JUSQU’OÙ ALLER ?

La solution la plus efficace est une retenue à la source "limiter le niveau". Un vrai ingénieur du son soignera sa balance,
maniant magistralement le master volume.
Un guitariste aimant les amplis furieux pourra s’offrir un atténuateur de puissance (Power Brake). Sachez aussi qu’on trouve facilement des sonomètres et ce au prix d’une pédale de distorsion…
On pourra aussi augmenter la distance par rapport à la source. En plein air, en la doublant, le niveau sonore
diminue de 6 dB.

Un autre principe, est l’aménagement de pauses, (10 minutes de repos auditif, pendant un concert, permettent aux mécanismes de réparation d’agir), d’autant plus que de processus physiologiques de protection peuvent donner envie de monter peu à peu le niveau sonore pour maintenir la sensation. Le risque d’atteinte auditive croît très vite avec la durée (le temps d’exposition doit être divisé par deux à chaque augmentation de 3 dB). Il faudra prévoir des périodes de récupération les lendemains de concerts…
Quant au baladeur,il vaut mieux le manier avec des pincettes, même si son niveau de sortie est limité par la loi. Et attention en achetant un nouveau casque : un rendement supérieur peut booster le niveau de sortie ! Et si vous êtes
un professionnel, méfiez-vous, une simple recherche Internet sur le rendement des casques a fait ressortir en première
page un modèle de marque connue, destiné aux pros et délivrant 120 dB à 1 0 0 0 Hz, et
ce n’est pas le record… Enfin, au chapitre des solutions, il ne faut pas oublier le local et son aménagement acoustique (revêtement), d’ailleurs dans le cas des professionnels, ce n'est pas une option !



certaine source vienne de :

J-L Horvilleur
Audioprothésiste
Accèder au site de J-L Horvilleur : http://audioprothesiste.googlepages.com/articlepreventionauditiongp160

Shéma de l'oreille:
http://etablissements.ac-amiens.fr/0801327h/son/images/oreille02.jpg

légende:
1:  pavillon
2:  canal auditif
3:  tympan
4:  marteau
5:  enclume
6:  étrier
7:  cochlée
8:  nerf auditif



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